Méfiez-vous de l’intention

Méfiez-vous de l’intention

S’il existe bien un domaine où l’homme échoue à approcher de la vérité, c’est bien dans celui de l’intention. Méfiez-vous de l’intention.

 

Méfiez-vous de l'intention ? Celle-ci est claire...
The Trump hotel Las Vegas.

L’actualité le démontre chaque jour au sujet des dirigeants de ce monde. Le dernier exemple est celui de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump.

Comme vous le savez (ou pas), vous êtes sur un blog non juif qui soutient Israël et sa pérennisation. En tant qu’étudiant en Torah, j’affirme même que c’est une nécessité pour nous tous si nous voulons accéder à un niveau de conscience suffisant pour comprendre la Volonté Immense qui se cache derrière la création de ce monde.

Cette volonté porte le nom de « Dieu », terme générique dans lequel l’être humain englobe tout et n’importe quoi. Que dit le Larousse ?

(Au singulier ou au pluriel, avec une minuscule, et un féminin, déesse) Dans les religions polythéistes, être supérieur doué d’un pouvoir surnaturel sur les hommes ; divinité : Les dieux des Romains.

Représentation d’une divinité : Des dieux en pierre.

Personne à laquelle on voue une sorte de vénération, un attachement passionné, ou que l’on considère comme supérieure : Ce sportif est leur dieu.

Objet, chose, idée que l’on place au plus haut dans la hiérarchie des valeurs et à quoi on sacrifie tout : Le dieu dollar.

 

Vous l’aurez compris, avec une définition pareille, il est difficile de comprendre le concept. Ici, se trouvent mélangés, pèle mêle, les notions d’êtres supérieurs, de représentations, d’idoles humaines ou d’objets devenus sacrés par l’importance qu’on leurs donne.

Pourtant, dans la Torah originale, le mot « Dieu » n’est jamais utilisé en tant que tel. En Hébreu (pardonnez-moi encore de vous rappeler que la Torah est Juive), nous lisons les noms de l’entité à laquelle le texte fait référence à un moment précis de l’histoire. Ainsi, quand il s’agit d’évoquer les forces de la nature ou les règles de ce monde, c’est le nom « Elohim » qui est utilisé. C’est un pluriel, ce qui a perturbé un grand nombre d’exégètes, mais il se justifie par le fait que notre univers est caractérisé par son équilibre produit par un grand nombre de forces microscopiques et macroscopiques, inviolables et implacables dans leurs applications.

Ceci est un exemple mais vous percevez ici qu’il ne peut être question d’intention à ce niveau. Une force est une force, calculable et reproductible, elle devient alors un sujet d’étude pour les différentes sciences humaines.

Mais dans la Torah, parler d’Elohim représente le niveau spécial de l’inéluctabilité car il existe une loi sans exception qui veut que Dieu ne viole jamais les règles de la nature (de l’univers) pour fanfaronner, par le miracle, auprès du petit humain ébahi.

Bien entendu, c’est totalement faux. L’Etre Suprême accomplit son plan mais il doit donner l’apparence du plausible selon nos propres critères. Ainsi, le véritable miracle tient plus dans du statistiquement exceptionnel  que dans de la magie. Prenez l’exemple de Moïse, c’est l’enchainement de tous les « hasards » naturels qui tient du miracle et non un évènement en particulier.

L’autre nom le plus connu de Dieu est IHVH. Les Juifs l’appellent Hachem (le nom) pour ne pas avoir à le prononcer et ainsi, prendre le risque de l’utiliser à tort et à travers, à l’appui du mensonge, comme le précise le troisième commandement que voici :

6 (3) « Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel ton Dieu à l’appui du mensonge; car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge.

Ce verset est très intéressant en juxtaposant les deux noms les plus utilisés pour le Créateur. Ici, IHVH est l’Eternel alors que « ton Dieu » peut se simplifier par « ton Elohim ». Cela démontre bien une complexité plus importante que le simple fait d’utiliser le mot « Dieu » à toutes les sauces. Et ici, je ne rentrerai pas dans les détails de toutes les autres variantes du nom divin utilisées dans la Torah.

Elohim, c’est ce qui est visible et perceptible pour l’humain. Il s’agit de l’émanation d’IHVH, un peu comme un corps. IHVH en est donc l’âme, l’énergie interne et intime. Tout comme vous qui êtes composés d’un corps associé à une volonté, du moins dans la version originelle.

Si Elohim ne juge pas l’intention car ce n’est pas sa fonction, IHVH, lui, l’observe de près et je vais prendre un exemple.

Imaginez un homme qui lutte pour une cause et pourquoi pas, une cause humanitaire. Chaque jour, il prend du temps pour participer à une association qui distribue des denrées à des gens dans le besoin. Il consacre tout son temps libre à aider les autres et force l’admiration de ses voisins et amis. Ceci est un homme bon et généreux aux dires de tous. Dans la version Elohim de cette histoire, c’est tout à fait juste.

Cet homme est un saint.

Mais il en existe une autre, moins consensuelle, moins jolie, soumise à un autre jugement, celui d’IHVH. Dans celle-ci, cet homme nourrit son ego de la satisfaction qu’il retire de son action humanitaire. Son travail lui pèse, il n’est pas forcément gratifiant, mais son temps associatif lui procure une belle vision de lui-même qui n’est pas forcément la bonne.

En poussant l’exemple à l’extrême, certaines personnes en tireront même une jouissance personnelle.

Cet homme a raté sa mission terrestre.

Si je vous donne cet exemple en le restituant dans un contexte toraïque, c’est pour vous montrer que tout n’est pas aussi simple qu’on le croit au niveau de la simple observation et à celui des règles qui gouvernent ce monde. Dans un registre plus profond, l’intention n’est jamais aussi claire que l’émanation, y compris (et surtout) pour celui qui tente de la comprendre pour lui-même. Voici d’ailleurs à quoi sert la Torah, à servir de fil conducteur à l’âme humaine, celle qui doit exercer une volonté bien dosée sur un corps soumis à ses propres contraintes.

Et c’est un équilibre extrêmement difficile à conquérir. Ceci demande une force qui transforme la créature en être humain.

Maintenant, si nous revenons au sujet de départ, croyez-vous toujours qu’un homme, qui a nourri son ego jusqu’à outrance toute sa vie, puisse prendre une décision aussi importante concernant Israël, sans intention cachée ? Sans nourrir un serpent quelconque ? Sans que l’on puisse envisager le pire ?

Nous avons l’expérience de la politique américaine depuis la seconde guerre mondiale. Pour garder les idées claires et éviter de heurter ceux qui admirent cette nation au-delà de la mesure ou par simple intérêt, je vais éviter le débat sur l’origine des finances du parti nazi et sur la connaissance de l’univers concentrationnaire exterminatoire que les alliés avaient durant la guerre.

Prenez simplement la dernière guerre en Iraq sous l’impulsion envahissante d’une famille texane dont l’avant, avant dernier représentant avait financé le parti… (Oups, désolé, je ne voulais pas en parler…)

N’était-il pas clair pour le monde entier que le désir affiché était de combattre pour la liberté et lutter contre le terrorisme ? Quand Colin Powell fit son numéro de publicitaire en menaçant l’ONU avec une fiole « remplie d’anthrax », ne fît il pas la preuve de l’abominable perspective d’une guerre totale horrible ?

Comment déclencher une guerre... Méfiez-vous de l'intention
Colin Powell et son dernier prélèvement nasal.

Et quel fut le résultat ? Des milliards, comme ceux que gagnèrent Halliburton (KBR) dont le patron était Dick Cheney, un conseiller de George W Bush, et d’autres milliards encore pour le Carlyle Group, une nébuleuse militaro-energético-financière très liée à la même famille et j’en passe.

Et si nous parlions de la Corée, du Viet Nam, de l’Amérique du Sud, de la première guerre en Iraq, de la Somalie, de l’Afghanistan, de la Lybie (avec Sarkozy), de la Syrie… Et de tous les autres évènements dont le lien ne serait pas aussi clair avec les USA mais qui n’ont profité qu’à eux ?

Pourtant, Sherlock Holmes le dit, cherchez à qui profite le crime pour trouverez l’assassin. Or, l’assassin, avant d’être confondu, est toujours innocent, et toute l’enquête sert à prouver l’intention qui donne l’impulsion à son passage à l’acte.

Quelle est l’intention des dirigeants américains depuis qu’ils se sont aperçus qu’ils allaient être les acteurs privilégiés de ce monde ? Le fric, et ceci est invariable comme un axiome en mathématiques.

Alors quelle peut être l’intention de Donald Trump ?

Le désir de voir le grand Israël se construire ? Celui de redonner un Temple à l’esplanade ? De réparer l’injustice que l’occident perpétue depuis des lustres contre ce peuple ?

Si vous le pensez, c’est que vous ne tenez pas compte de l’histoire du monde ou que vous ne voulez pas le faire.

L'ego et la tour, un grand classique, méfiez-vous de l'intention
The Trump World Tower

Revenez juste à la Syrie et à la lutte contre Daesch, qui en fut le véritable artisan tandis que le fils El Assad se faisait tailler des croupières par l’EI ? La Russie de Poutine. Et si vous avez oublié ce qu’est un Russe, je tiens à rappeler que c’est celui qui gagna vraiment la seconde guerre mondiale en payant le prix fort tandis que les Américains attendaient 1944 pour voler au secours de leur premier allié historique, la France, sans laquelle ils seraient peut-être encore une colonie anglaise.

Mais ne vous méprenez pas, je n’ai aucune haine contre les Américains, ce que je désigne du doigt, ce sont ses dirigeants. Je regrette simplement que le markéting idéologique se soit substitué au simple bon sens d’un peuple et que ce dernier ne soit pas plus critique.

Toutefois, je ne vois aucun hasard dans le fait qu’au succès de la Russie sur Daesch se substitue à présent une décision aux vertus retentissantes à l’échelle planétaire.

Il faut aussi savoir que lorsqu’on parle de diplomatie internationale, on n’exprime nullement la volonté d’un seul mais celle d’un président et de ses conseillers. Or, aucune décision de cet ordre n’a pu éviter des débats internes au sein de l’équipe présidentielle. Ceci veut dire qu’en prenant ce parti, ils savent exactement où ils veulent aller car ils ont pesé chaque implication que pouvait avoir cette annonce. Et ils ont décidé de la faire au risque de voir Israël à feu et à sang.

Vous savez, dans la Torah, il n’y a pas plus dangereux que l’ami qui devient un ennemi ou encore que l’ennemi se cachant derrière l’ami. Le persécuteur, le fou, le dément notoire peut retarder le plan divin et le contrarier, mais l’ami/ennemi peut le ruiner. Bizarrement, quand c’est l’ennemi qui devient ami, c’est tout le contraire, il peut même donner son nom à un chapitre biblique tant ce parcours est compliqué mais méritant.

Donald Trump s’affiche en ami mais l’impact immédiat, c’est de remettre Israël sur le pied de guerre alors que depuis deux ans, les tensions se calmaient petit à petit. Tout ceci était calculé sans le moindre doute.

Mais dans quelle intention ?

Dans mon article précédent, je parlais de messianisme et de la volonté des rois et dirigeants occidentaux de se voir comme des représentants du divin sur Terre, des élus de Dieu dans leurs missions terrestres. Peut-être avez-vous entendu parler du syndrome de Jérusalem ? Chaque année de nombreux cas se manifestent en se déclarant « messie » devant le Kotel, le mur occidental.

Les Israéliens ont enfin trouvé un traitement, en une seule prise, celle de l’avion du retour au pays où les symptômes disparaissent. Mais pour certains, la maladie est nourrie à la base par une image falsifiée d’eux-mêmes qui sera entretenue et sur gonflée aux grés de leurs succès professionnels et/ou politiques. Et si le succès se résume à devenir l’homme le plus puissant de la planète, vous imaginez les dégâts.

Bush n’était préoccupé que par l’argent, il n’était pas milliardaire avant d’accéder au pouvoir suprême.

Mais Trump l’était déjà, et il ne lui reste plus qu’à conquérir la place d’élu de Dieu.

La tour, le lion , le trône, tout un programme, méfiez-vous de l'intention
La symbolique devrait être une science…

Au fait, j’ai oublié de vous le dire, j’aurais peut-être dû commencer par-là, Trump est presbytérien. Il s’agit de la même obédience religieuse qui boycotte certaines entreprises trop proches d’Israël. Et vous doutez toujours de ses intentions ?

Pas moi.

Méfiez-vous des intentions.

 

Jean-Robert Barrouquere 09/12/2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.