RÉPARATION 5 : le meurtre de l’âme

LA RÉPARATION DU MONDE 5 :

Le meurtre de l’âme

 

Nous devrons passer par l’étude pour comprendre cet aspect. Je le décris dans « Les fils de la race divine » aussi ne vais-je pas rentrer dans les détails mais il me semble important de revenir sur un évènement particulier dans la Torah d’autant qu’il est précoce.

Avec la Création du monde et ses 9 jours (j’insiste) de processus, on parvient au point culminant de la fameuse faute qui n’en est pas vraiment une. Il s’agit plus d’un état des lieux terrestre de la nouvelle créature produite par Elohim. Ceux qui connaissent le premier lIVRE savent désormais que cette « faute » décrit aussi les raisons qui ont amené Dieu à réaliser son projet.

Ceci étant dit, il existe un dixième jour de Création ou disons plutôt, une dixième étape.

Caïn et Abel.
Le meurtre de l'âme
Le meurtre de l’âme

Au départ, comme tout le monde et avec l’inertie du dogme qu’on nous a fourré dans la tête, je pensais que le chapitre 4 de la Genèse décrivait le premier meurtre de l’histoire. Je me trompais. Bien qu’il puisse être étudié selon l’optique fratricide, un élément demeure perturbant. Dieu pardonne ce meurtre.

Serait-ce un manque de constance du Créateur  alors qu’il énoncera par deux fois un commandement visant à proscrire totalement l’assassinat ? A moins que toute la scène ne décrive autre chose.

Imaginons un peu quel peut être l’enjeu de cette scène.

Mettons-nous à la place d’un homme définitif (du genre homo sapiens) qui a toutes les caractéristiques de sa mère (Eve) et qui vit à l’aube de l’humanité, une génération après la première mutation de l’histoire.

Il doit se sentir un peu seul et ses capacités augmentées par rapport à l’hominidé en place (genre Neandertal) le poussent à s’interroger sur la nature du monde. Invariablement, et tout comme aujourd’hui, la question qui se pose tient dans la nature du divin. Est-ce un monde « Elohim » ? Est-ce un monde IHVH ?

Concevoir le monde comme issu uniquement d’Élohim, nous l’avons déjà vu, c’est ouvrir la porte à toutes les manifestations naturelles devenant des manifestations divines et ainsi, à l’invention d’une kyrielle d’idoles symbolisant chacune un élément particulier. Ce courant fut majoritaire jusqu’à l’antiquité.

Concevoir le monde comme exclusif à un Dieu unique mais trop vaporeux, c’est privilégier la voie de la transcendance et du miracle. Se pose alors le problème de l’intention et de la compréhension de règles sans repère terrestre. La Torah sert exactement à cela. A comprendre les règles de fonctionnement de ce monde en adéquation avec le projet divin. Mais il reste toujours le problème de l’interprétation.

Maintenant observez notre monde dans ce qu’il a de plus extrême. L’exemple des islamiques radicaux est le prototype du modèle religieux monothéiste poussé à son paroxysme. Il n’accepte rien qui ne sorte du cadre et ne pardonne rien non plus.

D’un autre côté, même si on peut discuter le monothéisme du christianisme à cause de tout le saint bataclan qui farcit nos calendriers, nous sommes en présence d’une religion qui assoit un Dieu d’une autre dimension, non terrestre, mais qui (du moins, en théorie) n’est qu’amour et lumière et pardonne tout.

Nous sommes en présence de deux types civilisationnels différents, opposés pour le moment, alors qu’en vérité, ils devraient être complémentaires. Curieusement, ces deux modèles fonctionnent à l’inverse de leurs essences propres.

Je l’ai déjà dit. Dans un monde orienté est-ouest, l’occidental est rigueur et force, l’oriental devient cœur et miséricorde. Mais notre époque a accouché d’un désordre tel que tout s’est inversé.

La cause ?

Il tient dans le choix religieux. Et quelque part, tant mieux. Je n’ose même pas imaginer un occident inventant l’islam et un orient adoptant le christianisme. Dans la confrontation qui n’aurait pas manqué d’intervenir, l’homme occidental aurait tout détruit et je pèse mes mots. Il n’y a qu’à observer ce qu’il a accompli avec un dieu-amour pour bannière, pour frissonner à l’idée du devenir de la planète s’il avait brandi celle d’un dieu-rigueur.

Vous n’êtes pas convaincu ? Prenons juste l’exemple de l’empire romain, la plus parfaite machine à broyer des peuples et des identités. Les Romains avaient cette réputation d’être impitoyables, à juste titre d’ailleurs. Ils étaient pragmatiques dans leurs démarches et très rigoureux. Or, dans toute la Torah, Rome est l’archétype de l’occident et prend le nom d’Edom, le rouge. Et pour nous, occidentaux, Rome est le modèle de notre civilisation comme tous les symboles que nous utilisons encore aujourd’hui, le prouvent sans discussion possible.

L’histoire joue des pieds de nez à sa façon en favorisant un dieu-amour au sein même de l’empire le plus prestigieux de l’histoire de l’ouest. Est-ce du hasard ?

Quand Rome s’effondra, on vit apparaître une nouvelle religion à l’est dont l’essor n’a pas d’équivalent dans l’histoire un peu comme si Rome avait enfin laissé la place pour autre chose que lui-même à la lisière de ses anciennes frontières. Cent ans après la disparition de Rome, l’islam naissait en Arabie. Là où le christianisme recrutait parmi les gens du peuple pauvres ou non, l’islam passa par les chefs de tribus. Quand l’un d’entre eux se convertissait à cette nouvelle religion, c’est tout son clan qui basculait. Deux religions, deux conceptions, deux principes d’expansions.

Toutefois, aujourd’hui, nous observons un phénomène auquel la France n’est pas étrangère dans le sens où elle fut le seul pays de son époque à refuser la mainmise de Dieu dans les affaires des hommes. Au XVIII ième siècle, elle inventa un régime laïc en tentant d’évincer le dieu-amour. Quelle en fut la conséquence ? La terreur et le génocide des Vendéens.

Plus proche de nous, l’Allemagne tenta de faire la même chose quand elle se prostitua avec le nazisme. Qu’advint-il ? Un génocide, une guerre et la terreur. On ne peut pas dire qu’en évinçant Dieu de la vie sociale nationale, on fasse beaucoup mieux en terme de civilisation…

Toutefois, le monde ne se résume pas à ces deux religions concurrentes. L’immense majorité du reste demeure polythéiste. Et je ne parle pas de nations mineures, mais si on ne prend que deux d’entre elles pour exemple, elles représentent à elles seules 3 milliards d’individus. La Chine et l’Inde ne se sentent pas vraiment concernées par les croisades quelles qu’elles soient. Certes, l’Inde est régulièrement en concurrence avec le Pakistan dont elle est désormais séparée mais, dans leurs domaines respectifs, ils ne jouent pas dans la même catégorie. Comment affirmer cela ?

C’est assez simple en fait.

Dans mes études publiées, j’en suis arrivé à la conclusion que le peuple juif et donc Israël, sert de peuple témoin et non de peuple élu. Cela peut en choquer certains et en rassurer d’autres mais il est indéniable que l’état du monde peut être jaugé selon son degré d’antisémitisme ou d’antisionisme (c’est pareil).

Même si le peuple juif n’existait pas encore au moment du Déluge, Dieu décide de l’éradication des civilisations en faisant différents constats de moralité. Mais ceci est difficile à étalonner. Après le redémarrage de l’humanité, il prend une voie différente. Il invente un peuple qui lui servira de curseur moral mais auquel il ne pardonnera pas grand-chose s’il en vient lui-même à se comporter en dehors des limites qui lui ont été fixées.

Voilà pour le curseur humain. Ceci revient à dire qu’une Nation qui s’adonne au monothéisme doit obligatoirement passer par la Bible pour devenir « étalonnable ». Se faisant, elle peut être jugée selon ces critères.

Mais dans le Déluge, on voit aussi que Dieu se préoccupe de la terre et de son état. Le cataclysme permet non seulement de faire repartir l’homme différemment (ou pas) mais surtout de permettre à la terre de se régénérer. Avec le langage d’aujourd’hui, cela revient à faire des analyses du sol, de l’eau, de l’air et de permettre un bilan écologique. Passer un certain seuil et c’est le Déluge. Beaucoup de grands exégètes sont rassurés quand ils lisent que Dieu ne recommencera pas à lessiver la Terre.

Je ne serai pas aussi affirmatif qu’eux.

Cette fois, nous irons au bout du processus après de multiples échecs.

Et c’est notre comportement par rapport à ces valeurs étalons qui permettra le jugement tout comme des analyses de laboratoires permettent de juger de la santé de la terre. C’est aussi simple que cela.

En résumé :

  • Tant qu’une nation est polythéiste (et idolâtre), elle ne fait pas vraiment partie du projet.
  • Ces nations ne sont généralement pas concernées par l’antisémitisme/antisionisme.
  • Dès qu’une nation devient monothéiste, sa référence première est la Torah.
  • Le peuple juif est un référentiel concret pour l’humanité.
  • Les peuples ante diluviens ne possédaient pas ce référentiel.
  • Seul l’état de la terre/Terre servait de témoin à l’état de l’homme.

On ne peut en arriver qu’à une conclusion. Si l’établissement d’une Nation est si important dans la Torah, c’est que la somme de ses individus forme une âme-nation, tout comme une population de cellules peut former un organe. Chaque individu qui perd son âme céleste perd aussi son potentiel à fonctionner au sein de l’âme nation. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement ?

Une âme serpent repose sur le principe digestif. Même si elle a le fantastique potentiel de vie qui y est attaché, cette particularité la pousse à l’égoïsme le plus exacerbé. Or, sans la conscience qui rattache à son identité collective, la vie ne peut devenir qu’une longue litanie du MOI.

Maintenant, j’espère que tout le monde comprend pourquoi le monde moderne fustige l’identité nationale comme une valeur rétrograde. Quand on détruit cette conscience, on détruit aussi l’organe auquel on appartient et j’affirme qu’il s’agit de la véritable guerre que se livre le monde depuis des millénaires. Et c’est également le même problème qui est décrit dans le chapitre sur Caïn et Abel. Nous possédons tous ce dilemme en nous. Sommes-nous juste un « moi » ou alors un « nous ». Et si nous étions les deux ? Tout simplement.

Petit bonus, juste pour montrer que je ne suis pas hors sujet. Après le Déluge, la Torah décrit la descendance de Noé à travers ses trois fils et montre l’établissement de 70 Nations issues de Japhet, Cham et Sem. Ensuite, quand vient Jacob, il lance les fondements d’une 71ième Nation, Israël.

Sur Wikipédia :

Les hommes ont 71 organes, les femmes 75, les hermaphrodites, 79 (à la fois: ovaires, trompes de Fallope, utérus, vagin, vulve, clitoris, périnée et aussi testicules, pénis, prostate).

Si ! Vous pouvez vérifier, ce sont bien des hommes qui ont forgé les 71 Nations de la Torah… Cerise sur le gâteau, tout comme le monde orienté est-ouest, l’homme biologique est polarisé droite-gauche.

Quand nous aurons appris à fonctionner en tant qu’individu-nation au sein d’un corps géant qu’on appelle la Terre, alors et seulement alors, nous pourrons affirmer que le monde est réparé. L’homme universel, en tant qu’homme sans frontière, non rattaché à sa terre, globe-trotter militant ou jet-setter irréductible est l’antithèse du projet. Avant d’appartenir à un corps, la cellule appartient à l’organe. Sans cette conscience première, on devient comme ces touristes consommateurs dont certains pays ne veulent plus et ils ont raison.

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© JRB le 26/04/2018

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